31 mai 2013

Tu seras partout chez toi


Lu en partenariat avec les éditions Sarbacane


Avec sa petite valise en carton, l'amour de ses parents et la présence de ses amis, Sény veut bien affronter les monstres les plus terribles et les créatures les plus affreuses. Mais personne ne l'a préparé à ce départ brusque par avion au pays des Hommes Pressés. "Ai-je fait une bêtise ?" demande le petit garçon en larmes. Il ne comprend pas ce regard dur de sa mère et cet éloignement soudain chez des parents éloignés qu'il n'a jamais vus : Tonton Chu-Jung, un oncle incompréhensif et cruel, Tata Belladone, sa femme, une tante transparente, et un cousin qui ne parle pas. 
"Face à une telle erreur et une telle solitude, pense Sény, il va falloir que je me débrouille tout seul." Aussi enchaîne-t-il bêtise sur bêtise, des plus classiques comme le coup de la punaise sur la chaise, aux plus surprenantes, telles que son incompréhension subite de la langue française. 
Mais il n'y a rien faire, même avec ses idioties à scotcher le plus terrible des garnements, Sény n'est pas renvoyé chez lui. Il va donc demander l'aide de Brindille, une petite fille discrète dont on murmure que le père est passeur. 
Alors un matin, déguisé en homme d'affaire et sa valisette dans la main, il échappe à la vigilance de son oncle et arrive devant la tombe d'une piratesse qui terrifiait les mers. 
C'est le début d'une épopée fantastique : un bateau inquiétant dans un coin de mer, un arbre géant sur lequel s'est posé un lac, et dans lequel Sény retrouve ses amis restés en Afrique : Adar, Soundjata, Delihah, et Yulia, dont il est amoureux. Ceux-ci lui apprennent que des soldats ont pénétré le village, et qu'ils ont tués les parents ; Quant à eux, les enfants, ils sont morts en tombant dans un puits (j'ai eu le coeur serré, j'ai été choquée, en apprenant ces deux drames. Ils nous tombent dessus, d'un coup).  On apprend ainsi la cause du départ de Sény, de son déracinement. Celui-ci découvre également Pacha Maman, qui lui confie la lourde charge de retrouver pour les lui ramener les Quatre merveilles dérobées par quatre créatures fantastiques. 
A la frontière entre le réel et l'imaginaire, où se trouve la vérité ?  


Je remercie les éditions Sarbacane pour l'envoi de ce livre.
L'histoire est surprenante. On est vite étonné par ce petit homme aux réflexions de philosophes. Mais en même temps, il joue avec les autres enfants, se roule par terre et invente des histoires. Il est aussi profondément amoureux de Yulia, sa Yulia ; mais du jour au lendemain, il se retrouve seul et démuni dans un monde qui lui est inconnu. 
Après les larmes et l'incompréhension de ce déracinement forcé, il se ressaisit et tente par tous les moyens de rentrer chez lui. On suit les péripéties de Sény, ses bêtises, tout cela passe rapidement et n'est pas forcément approfondi à mon avis. Quoique... Insa Sané se glisse dans la peau d'un enfant de neuf ans, ce qu'il réussit plus ou moins bien. 
Un matin, Sény fugue. Il croit qu'une moustache dessinée au stylo et qu'une mallette d'homme d'affaires - ou d'Homme Pressé, comme vous préférez - fera de lui un homme, mais il est vite rattrapé par la réalité et se rend compte que l'habit ne fait pas le moine. 
Puis il tombe d'un arbre devant le caveau de la piratesse, et s'enfonce dans la Terre en perdant une chaussure. Brindille est avec lui, apeurée : c'est alors que Sény va faire preuve de bravoure. Il la réconforte, prend des décisions, se ressaisit vite (et fait par contre des choses dangereuses, telles que nager dans un courant fort et dangereux pour récupérer sa valise). Les deux enfants sont amenés par un immense navire noir par la piratesse, jusqu'au temple où lévite Pacha Mama, une sorcière qui va lui confier une mission.  Dans un univers fantastique et inconnu, lui, Sény, neuf ans seulement, parviendra-t-il à reprendre les Quatre merveilles ? Et ensuite, qu'adviendra-t-il de Brindille et de lui ? 
Insa Sané écrit ici un roman peuplé de magie et de personnages fantastiques tirés de contes, de légendes, de mythologie
La frontière entre le monde réel et l'Imaginaire est gommée, et cela contribue à donner au roman quelque chose de surprenant qui m'a déroutée. Je n'ai pas vraiment aimé ce livre.

Tu seras partout chez toi, Insa Sané, Editions Sarbacane, 213 pages, collection Exprim'.


 On n’aura jamais à se dire adieu. TOI ? Ne te retourne pas. JAMAIS ! Va de l’avant. TOUJOURS ! Tant pis pour les larmes. Tant pis pour nous. Tant pis pour les espoirs fous d’un « il était une fois » qui nous aura laissé sur le bas-côté. Tu m’aimeras plus loin. Je t’aimerai ailleurs. Ensemble, on tournera la page du plus beau des romans – sans tristesse ni rancœur. Demain sera heureux. Promis ! Juré ! Juré ! Craché ! En vérité, l’éternité est aussi éphémère qu’un « Je t’aime » suspendu entre la vie et la mort. »

Insoumise




Cassia et Ky ont été séparés : la première travaille dans un camp dont on sait peu de choses, et compose des débuts de poèmes qui riment avec "aimer". L'autre est forcé de servir d'appât dans des villages paysans sur le front, ou pleuvent les bombes et meurent les adolescents. 
Un jour, un dirigeable vient chercher les jeunes filles du camp où est Cassia, toutes celles que la Société a classées "Aberration", c'est-à-dire qu'elles ont été déclassée suite à une Infraction plus ou moins importante commise par elle ou l'un de leurs proches : elles ne peuvent avoir de Promis... Cassia voit dans ce départ vers l'inconnu une occasion rêvée de s'échapper et de retrouver, enfin, Ky. 
Celui-ci décide de son côté de s'enfuir du village où il sont massacrés les adolescents, qui sont envoyés malgré leur âge de plus en plus jeune. Dans sa fuite, il est accompagné de Vick, dont les nombreuses entailles sur ses chaussures rappellent les jours passés au front, et Eli, un jeune garçon qui ressemble à Bram, le frère de Cassia. 
Tous les fugitifs se réunissent dans le Labyrinthe, falaises de roches rouges et désertiques, et marchent des jours durant loin de la Guerre et de la Société
Cassia veut rejoindre le mouvement, Ky tente de la réfréner. 
Où leurs pas errants les mèneront-ils ? Sur cette terre brûlée, on rencontre la mort et la désolation. Mais dès lors que l'on s'entraide entre compagnons de survie, l'espoir subsiste...





Ce tome 2 est long. On retrouve Ky et Cassia, au premier plan, séparés d'abord, réunis par la suite (je spoile un peu là ^^). Les chapitres alternent avec d'un côté le point de vue de l'un, et de l'autre, les pensées de l'autre. 
La route est longue, les jours passent mais on ne ressent pas cette crainte légitime des fugitifs de se faire rattraper : l'auteur a compensé cette absence surprenante en nous parlant avec précision des sentiments des personnages. On peut dire que ce tome 2 est centré sur leur psychologie plus que sur leur fuite et les actions qu'ils font : ces chapitres qui passent d'un personnage à un autre nous donnent un aperçu détaillé de leur amour grandissant. Cassia écrit des poèmes, qui m'ont paru mièvres parfois. Toutes leurs pensées sont couchées sur le papier, elles semblent planer, tourbillonner, pénétrer l'air avec délicatesse. Un peu trop parfaites, la colère a l'air paisible et leur amour surfait. J'ai lu quelques chroniques de lecteurs, dont certains descendaient complètement le livre : je cite : "L'auteure semble avoir essayé de donner un ton poético-dramatique à son histoire mais il n'en ressort, pour moi, qu'un récit assez pathétique et d'une mièvrerie rarement égalée. C'est insipide, fade, mou à se taper la tête contre les murs." par Suny (tiré du site Babelio). Je n'irais pas jusque là, mais elle a quand même raison dans une certaine mesure. De plus, il y a peu d'action, comme dit précédemment, ce qui ne dérange pas toujours mais à la longue cela nous conforte dans cette idée de lenteur
Mais il ne faut pas oublier tout de même la poésie de certains moments et le drame d'autres. Malheureusement, ce livre tend quand même à être fade.
Je suis assez déçue, comme beaucoup de lecteurs d'ailleurs d'après les différents avis que j'ai pu lire de ça de là,  par ce tome de transition qui apporte peu de nouveaux éléments : autant j'avais accroché avec "Promise", autant j'ai eu beaucoup de mal à terminer "Insoumise". J'espère que le tome 3 de cette saga, sorti en Avril dernier, saura me réconcilier avec cette série, et qu'il clora de manière plus vivante cette saga dystopique où l'amour est un peu fade et omniprésent, et où la révolte gronde... 
lentement

Insoumise (de l'anglais Crossed), Allie Condie, Editions Gallimard, 400 pages, 17 euros


 

"Il y a de la beauté en chacun de nous. Chez Ky, ce sont ses yeux que j'ai remarqué en premier. Et ils me plaisent encore. Mais quand on aime, on ne cesse de contempler l'autre, encore et encore. On remarque le dos de la main, la courbure de la nuque, la démarche. Au début, on est aveuglé, on voit l'être aimé dans son entier, un tout magnifique ou la somme magnifique de détails non moins magnifiques. Mais ensuite, on détaille celui qu'on aime: on commence à voir des pourquoi: pourquoi il marche comme ci, pourquoi il ferme les yeux comme cela...et on apprend à aimer également ces détails, d'un amour plus subtil et plus complet."

............................

On pourrait croire que certaines choses sont impossibles à oublier , pourtant , il arrive qu'elles vous sortent de l'esprit un moment . 
Je n'ai jamais su si c’était une bonne chose ou pas . 
L'oubli permet d’alléger les souffrances un instant ,
mais le retour à la réalité n'en est que plus pénible . 

-Ky-



25 mai 2013

Mon blog est neutre en carbone !

La Terre est en danger. 
Vous avez tous déjà entendu cette phrase, mais peut-être n'avez-vous pas pris conscience de ce qu'elle veut vraiment dire. 


Chacun peut à sa mesure se retrousser les manches et agir pour que ce danger soit repoussé. Chez moi, je trie les déchets, je participe au recyclage, et en tant que bloggeuse, j'ai choisi de participer à l'opération "Mon blog est neutre en carbone" (ou "Blog zéro carbone") : pour chaque participation (1 participation = 1 blog), un arbre est planté.

En effet, un blog émet du CO2, notamment à cause de la consommation électrique due aux serveurs et matériels informatiques. C'est donc un moyen de compenser le bilan carbone de Coffee & Books !

Mais pour mieux comprendre ces phrases longues et compliquées, voici un petit schéma récap' !


Vous voulez rejoindre le mouvement ?
Voici la démarche, tirée du site organisant cette opération, Bonial

1. Un petit article sur la démarche + un badge
2. Un e-mail à blog-zerocarbone@bonial.fr
3. L'équipe se charge de tout pour la plantation de votre arbre en Bretagne, et prolonge l’opération fin avril 2013 pour une plantation dans l’Allier à l’occasion de la deuxième opération PGE ! 

Un moyen concret et 2.0 pour lutter contre la pollution et la consommation d'énergie excessive !



Bertrand Puard, auteur de la série des Effacés, a accepté de répondre à nos questions !


Bonjour à tous ! 
Cet article rapide vous informe du fait que Bertrand Puard, auteur jeunesse chez Hachette, a accepté de participer à une interview sur son parcours d'écrivain et sa série "Les Effacés".
Aussi, si vous avez des questions, n'hésitez pas à les poser ! Ecrivez-les en commentaire et je les transmettrai à M. Puard. 
Le mail d'interview sera envoyé Lundi, mais en attendant, vous êtes invités à poser autant de questions que vous le souhaitez ! 
Bon après-midi,

Gagnants du concours "Semaine Timothée de Fombelle" !


Après avoir procédé au tirage au sort, via Random.org, voici les gagnants !

Ce sont en l'occurence des gagnantes, puisque Chocolat Fondu remporte le tome 1 de "Tobie Lolness", et Feuy a le choix entre "Victoria Rêve" et "Céleste ma planète". 

100% lectures, Alween, Sarah, Mac'Arone, Bokalieee, CaptainMel, Fantastique Cerise et Marinette remportent quant à elles (eux ?) un marque-page Tobie Lolness et un marque-page Vango.

Je vous invite à me contacter en me donnant l'adresse e-mail de vos parents si vous êtes mineur afin que je leur demande la permission de vous envoyer par courrier vos lots. 

Merci à tous et à bientôt pour un nouveau concours !




23 mai 2013

"Ton histoire prend vie"

            © Jodi Harvey Brown

Le kirigami vient de "kiri", découper, et "gami", papier. 
C'est un art traditionnel japonais dérivé de l'origami : les papiers ne sont pas seulement pliés comme dans l'origami mais aussi découpés de manière fine.

Jodi Harvey Brown mêle son amour de l'art et son goût de la lecture avec ses créations artistiques somptueuses.   
Toutes ses créations sont publiées sur son site internet, que je vous recommande mille fois !

Il découpe avec art les pages de ses romans, et fait naître sur le papier des formes et des personnages, des scènes de contes ou d'océans déchaînés. Il s'essaye aussi au dessin, avec grand talent. Des fleurs en papier coloré se détachent de livres, des personnages mythologiques telles que Pandore ci-dessous ouvrent des coffres éclairés, un épouvantail chasse de son champ des oiseaux tapageurs... C'est une nouvelle manière d'apprécier la lecture, et l'on ne peut qu'être impressionné par son talentueux coup de ciseau.

© Jodi Harvey Brown

22 mai 2013

I've been tagged ! Par Sarah-Dreameuse

Les règles :
- Poster les règles du tag sur sa page ;
- Décrire onze choses à propos de soi ;
- Répondre aux onze questions posées et en créer onze nouvelles pour les personnes taguées;
- Prévenir les onze personnes qu'on a taguées.

Onze choses à propos de moi :
 - J'ai toujours dans mon sac de cours un carnet pour écrire des débuts de romans, des mots ou des poèmes qui me viendraient pendant la journée ^^
- J'écoute beaucoup de styles de musiques différent, avec une petit préférence pour le folk, la soul, la country, la musique du monde et les variétés
- Je suis quelqu'un de joyeux et de motivé.
- Mon pot à crayons est un mug à rayures.
- Ma bibliothèque compte au moins 250 livres. 
- J'écoute souvent de la musique pour m'inspirer lorsque j'écris : Woodkid par exemple.
- Je lis la plupart du temps plusieurs livres à la fois (et je m'y retrouve !)
- J'aime énormément la paix de la nature dans les bois, par exemple.
- Je joue du piano et de la guitare.
- Je suis très curieuse et m'intéresse au monde qui nous entoure.
- Je n'ai plus d'idée pour ce dernier tag ^^


Mes onzes questions:
1- Quelle est ta couleur préférée ? 
2- Qu' y a-t-il sur ton tapis de souris ?
3- Pour dessiner, es-tu plus crayon ou porte-mine ?
4- Si tu devais partir précipitamment, quels seraient les trois livres que tu emporterais ?
5- Quel sont tes genres de livres préférés ?
6- Quelle est ta chanson préférée ?
7- Considère-tu les bandes-dessinées comme des livres ?
8- Quel est le mot qui te fait le plus rire/qui t'amuse le plus ?
9- Selon toi, un poème doit-il forcément rimer ?
10- Quel est le mot ou la phrase que tu répètes tout le temps ?
11- Cite sans réfléchir un mot commençant par "Do".

Les onze questions de Sarah:
1- Vous vous réveillez. Vous vous levez et vous rendez compte que vous êtes arrivé dans le roman que vous lisiez avant de vous endormir. Que faites-vous ? Cela dépend du roman, mais selon les cas, je panique ou je suis heureuse ^^

2-Votre héros préféré débarque chez vous. Que faites-vous ? Je lui parle en essayant d'être naturelle. Et je suis très heureuse de le rencontrer !
3-Vous pouvez voyager dans le temps mais seules trois possibilités s'offrent à vous: le jour de votre naissance, celui de votre mariage et celui de votre mort. Lequel choississez-vous ? Pas celui de ma mort, parce que je risque de stresser pour le restant de mes jours et je n'ai pas envie de passer ma vie rongée par l'inquiétude ! Je pense que ce serait le jour de mon mariage.
4- Dites-moi quel est votre magazine préféré et pourquoi (j'accepte tout ^^). Je Bouquine, parce qu'il est toujours intéressant, parle de ma passion et que je fréquente beaucoup le blog ! J'y ai de vrais amis.
5- Racontez-moi brièvement la scène favorite de votre livre favori. J'ai plein de livres favoris, ça va être dur ^^
6-Vous êtes un auteur reconnu. Vous devez passer à la TV mais aucune taxi ou autre moyen de transport ne veut de vous... Pourquoi ? Peut-être parce qu'ils sont occupés par d'autres clients ? Ou alors qu'ils n'aiment pas mes romans.
7- Un concours de lancer de patates a lieu à une heure de chez vous. Vous voulez y aller. Quel moyen de transport loufoque utilisez-vous? Un dromadaire. J'en ai déjà fait :))
8- Racontez-moi la pire honte de votre vie. Joker !
9- Faites une phrase comportant les mots "livre" et "poulie". "Je m'approchai du puits avec précaution, un livre dans la main ; ce même livre qui parlait d'un puits enchanté qui accordait trois voeux."
10- Vous êtes un dramaturge reconnu (auteur de pièces de théâtre reconnu). Un metteur en scène veut monter votre dernière pièce en en changeant une phrase sur deux, les décors,etc. Que faites-vous pour remédier à ça? Je suis la plus diplomate possible pour que la pièce reste néanmoins dans l'esprit que je lui ai donnée.
11-Et pour finir, vous devez me raconter une scène d'un livre que vous avez détesté ou abandonné si vous y arrivez ;). Un Guillaume Musso que je trouvais très vulgaire : L'appel de l'ange.

Et je tague... 
- Nathan du blog Le cahier de lecture de Nathan
- Chocolat Fondu du blog Dream in Books
- Charlotte du blog Auteurs en herbe
- Miel du blog Histoires en Vrac
- Clémentine du blog Les mondes de Clèm
- Marinette du blog Les lectures de Marinette
- Pretty Skull du blog The Strange Guy's Library
- Alice du blog Lewis Caroll's Army
- Sarah du blog Ballet de Mots
- Mirage du blog Un brin de papier
- Miss Artemiss du blog La Maison des Livres




L'atelier : Paris



L'atelier


Une image. 
Imprégnez-vous de ses teintes, de ses couleurs, de sa représentation. Pas forcément réelle, ni toujours fantastique. Si elle vous inspire un mot, ou trois, un poème, une prose, un fourmillement au bout des doigts et une émotion qui affleure, un souvenir, une personne, un moment, une chanson, un livre, une texture, un bruit, le silence... 
Ecrivez. N'hésitez pas.


19 mai 2013

PPDM #7

Et voilà ! La semaine Timothée de Fombelle a dépassé mes espérances, au vu du nombre de participants et de chroniqueurs. Je vous remercie du fond du coeur !!! 

Vous pouvez toujours gagner des romans de Timothée de Fombelle ou des marques-pages en participant à ce concours, qui prend fin Samedi prochain ! Les gagnants seront désignés le soir même, et les lots envoyés dans la semaine qui suit, selon les possibilités. 

Un PPDM sert aussi à vous annoncer la prévision de nouveaux articles ou encore de chroniques à venir : 



vous aurez ainsi dans les prochains jours une publication parlant du talent de Jodi Harvey Brown, un Américain aux doigts de papier et d'or qui plie les pages de livres jusqu'à leur donner des formes incroyables... Danseurs ou bateau affrontant une mer ombrageuse, coffre au trésor découvert par une jeune femme à la robe de papier... Quelques images seront publiées, extraites de son site internet dont je vous donnerai l'adresse.

Des chroniques de romans seront également postées : Tu seras partout chez toi d'Insa Sané, Multiversum tome 1, de Leonardo Patrignani, Insoumise d'Ally Condie (tome 2 de la saga de Cassia Reyes), Coeur d'encre, le tome 1 de la saga de Cornelia Funke, Marie Tempête d'Alain Surget ou encore L'écume des jours de Boris Vian. 

Bref, pas mal de projets et de prévisions ! 
Bonne soirée,

Les aventures d'Aurian - par Adrien : Chapitre 5


Les Aventures d'Aurian  ©
Chapitre 5

Aurian et Kylian rejoignirent rapidement Edna qui s’était essoufflée :
  -Dis-donc les garçons, vous courrez drôlement vite ! Je suis déjà épuisée !
  -On fait ça souvent, répondit Aurian, heureux que ses heures de vagabondage lui apportent enfin un avantage. On va s’amuser dans les bois presque tous les jours !
  -Et parfois même les nuits, renchérit Kylian, les yeux pétillants de malice, des fois comme ce que l’on est en train de faire, et des fois pour aller observer les étoiles.
Edna n’avait jamais dormi dehors. Elle n’avait jamais regardé les étoiles pendant des heures. Elle n’avait jamais essayé de vivre une aventure comme celle qu’ils s’apprêtaient à vivre. Elle n’avait jamais quitté la maison sans le dire à ses parents, et elle craignait déjà la punition qui l’attendrait à son retour. Mais elle avait laissé un mot tout à fait explicit. Elle était sûre et certaine que ses parents la comprendraient. Peut-être même qu’ils auraient insisté pour venir eux-aussi ! Mais elle n’avait pas proposé, elle voulait vivre cette folle aventure uniquement avec ses deux amis :
« Chère papa et Maman, j’espère que vous ne m’en voudrez pas trop quand vous lirez cette lettre. Je suis partie avec Aurian et Kylian pour trouver un trésor. Vous savez sûrement de quel trésor je veux parler, c’est celui dans la vallée. Je ne sais pas combien de temps ce voyage durera, mais je penserai à vous tous les jours ! J’espère que vous ne me manquerez pas trop ! Et surtout, ne vous inquiétez pas, je suis sûre qu’Aurian et Kylian me protégeront. Je vous embrasse tous les deux.
PS : si je trouve un lynx, je le ramène ! J’ai toujours rêvé d’en avoir un ! J’espère juste qu’il ne sera pas trop sauvage… »
Le petit groupe avançait à travers la pénombre. Sous les arbres qui formaient un couloir sombre, il s’enfonçait toujours plus vers les tréfonds de la forêt. Edna senti son corps tressaillir :
  -Il fait sombre non ? demanda-t-elle sans vraiment attendre de réponse. On ne peut pas s’arrêter et faire un feu ? Je commence à avoir froid, ajouta-t-elle en grelottant.
Kylian sorti une peau de loup de son sac et la posa sur les épaules d’Edna en lui assurant qu’elle n’aurait bientôt plus froid. Celle-ci se sentait à présent à moitié rassurée. Elle avait chaud, il lui fallait maintenant de la lumière. Comme si Aurian lisait dans ses pensées, elle obtint la réponse à la question qu’elle se posait :
  -Il faut que l’on trouve une clairière. Sinon, on ne peut pas faire de feu, au risque de faire brûler toute la forêt en enflammant les arbres. D’ailleurs, je crois qu’il y en a une dans cette direction, dit-il en s’engageant à l’extérieur du sentier.  
En effet, ils arrivèrent dans une petite clairière. Un trou au milieu de la forêt. Les arbres l’entouraient et formaient un cercle presque parfait. Des arbres morts jonchaient la lisière de la clairière. 
  -Ici ça me semble parfait ! déclara Kylian sans hésitations. Je commence à faire le feu, et Aurian, tu peux installer le camp, commanda-t-il. 
  -Et moi ? osa Edna. Je peux faire quelque chose moi aussi ! Elle s’avança fièrement en enlevant la peau de loup, afin de montrer qu’elle n’avait plus ni peur ni froid. 
  -Viens m’aider à tendre ces piquets, demanda Aurian, c’est toujours beaucoup plus facile à deux. 
Ils façonnèrent leur camp en quelques minutes seulement. Quand le feu commençait à crépiter, Aurian et Edna tendaient une peau d’ours entre deux piquets, solidement plantés dans le sol. Quand Kylian arriva vers eux pour leur dire qu’ils pouvaient venir se réchauffer, ils étaient entrain de disposer de la paille, des draps et de petites peaux sur le sol. 
  -Vous pouvez venir, le feu est bien lancé à présent.
  -Allez-y, répondit Aurian, j’ai une petite surprise pour vous, annonça-t-il le sourire aux lèvres.
Il fouilla dans son sac tandis que les autres s’asseyaient au coin des braises. Il tira triomphalement une des pipes-bambou d’Abraham. Il prit ensuite du tabac, des herbes prises au hasard dans la cuisine de Pénélope, et un peu de papier. Puis il alla rejoindre ses amis qui parlaient :
  -C’est beau le feu, tu ne trouves pas ? dit Edna, en contemplant les braises rougeoyantes. 
  -C’est ce que je me dis à chaque fois que j’en fais un, répondit Kylian. C’est comme si chacun d’eux pouvait t’hypnotiser pendant des heures. 
Alors qu’Aurian s’approchait, Edna continuait de s’émerveiller. Puis elle leva la tête, et vit que les mèches dorées d’Aurian scintillaient à la lumière du feu, et que sa pupille droite était brillante comme le soleil. Il s’approcha encore, et ses doigts commencèrent à briller lorsqu’il leva les mains :
  -He les amis ! dit Aurian, regardez ce que j’ai apporté ! C’est une des pipes-bambou d’Abraham ! Il en fume toujours, mais je ne sais pas quel goût ça a. Je me suis dit que vous voudriez peut-être tester avec moi, continua-t-il en allumant le papier, qu’il avait préalablement roulé autour du tabac.
  -Laisse-moi tirer ! demanda Kylian. Je veux souffler de la fumée ! s’écria-t-il joyeusement.
Aurian inspira à l’embouchure du bambou, et une grosse quantité de fumée pénétra dans sa gorge :
  -Pouaaa ! Qu’est-ce-que c’est fort ce truc ! Je vous conseille de ne pas inspirer trop fort, dit-il en toussant à n’en plus finir. 
Kylian inspira, mais en prenant compte du conseil amical d’Aurian, ce qui lui épargna le même supplice. IL trouvait même que cela avait un bon goût. Il inspira à nouveau et passa la pipe-bambou à Edna. Il allait lui conseiller de ne pas y aller trop fort quand elle inspira à pleins poumons. Les deux garçons éclatèrent de rire, en pensant qu’elle allait partir dans une quinte de toux incontrôlable, mais ils furent pris de stupeur quand elle se mit à recracher la fumée en faisant des petits cercles.
  -Où as-tu appris à faire ça ? demandèrent-ils en cœur, les yeux écarquillés de stupeur.
  -Si vous voyiez vos têtes vous n’en reviendriez pas, ricana-t-elle. C’est mon père qui m’a appris, lui aussi il fume. Je l’embêtais tellement, qu’un jour, il a craqué, et il m’a laissé essayer. Puis il m’a appris, et j’y ai pris goût moi aussi. 
  -Apprend-nous comment faire, supplièrent les deux garçons, réduits à l’état de jeunes innocents.
L’idée d’apprendre à des garçons comment faire des bêtises donnait à Edna une impression de toute puissance. Elle allait commencer sa leçon peu commune lorsque son ventre commença à gargouiller :
  -On devrait manger d’abord vous ne pensez pas ?
  -Tu as raison, prenons des forces, s’exclama Kylian en se jetant vers ses provisions.
Aurian quant à lui alla chercher de la nourriture dans son sac. Il ramena du pain, de la viande séchée, et des fruits frais. Ils mangèrent au coin du feu en se racontant des histoires, en continuant à fumer. Tandis qu’Aurian et Kylian essayaient de ne pas tousser, Edna soufflait ses ronds de fumée, en essayant de ne pas pouffer de rire à chaque fois que ses deux amis s’étouffaient à moitié :
  -Il faudra vraiment que je vous apprenne, dit-elle en éclatant de rire.
En guise de réponse, Aurian lui décocha un sourire éclatant, ce qui dévoila une rangée de belles dents dorées qui luisaient au rythme des flammes. 
  -Tu as raison, ce n’est vraiment pas commun que ce soit la fille qui sache fumer et pas les garçons ! finit-il par admettre.
Il laissa son regard sur Edna un court instant, puis il leva les yeux vers le ciel étoilé :
  -Regarde, tu vois cette étoile ? dit-il en pointant du doigt un astre plus brillant que les autres. C’est l’étoile polaire. Elle indique le nord, et elle aide les marins à se repérer en plein océan. 
  -Et elle peut aussi nous aide si jamais nous nous dirigeons vers une mauvaise direction, ajouta Kylian.
Toujours en écoutant les explications de ses deux amis, Edna plongea son regard dans la voûte céleste. Elle ne l’avait jamais regardé comme ça. Depuis une clairière au beau milieu de la nuit. Alors elle commença à fermer les yeux. Elle ne se rappelait pas avoir veillé aussi tard de toute sa vie, et elle sentait la fatigue l’envahir :
  -Vous ne pensez pas qu’il est temps d’aller dormir ? demanda-t-elle.
  -Edna a raison, répondit Aurian. Demain, nous aurons une longue journée ! 
Chacun repris ses affaires et alla jeter ses restes de nourriture dans un petit pot prévu à cet effet. Edna organisa la couchette alors que Kylian remettait quelques bûches dans le feu. Puis, ils se couchèrent tous les trois, Edna se mit au centre. Elle se justifia en prétextant vouloir être sûre de ne pas avoir froid. Les trois aventuriers commencèrent à s’apaiser, et le calme retomba sur la clairière.

*

Les parents de Kylian avaient cherché dans tout le village : pas la moindre trace de leur fils. Ils ne s’étaient pas inquiétés et avaient commencé le repas sans lui. Comme d’habitude, il reviendrait après avoir fini de jouer avec Aurian. Ces deux-là étaient réellement inséparables. Mais alors que la noirceur de la nuit s’épaississait, leurs espoirs s’amenuisaient. Et petit à petit, ils commençaient à avoir peur. C’est alors qu’à l’autre bout du village les pleurs d’une mère s’élevèrent vers le ciel. Elle avait trouvé la lettre de sa fille
  -Qu’allons-nous faire ? demanda-t-elle à son mari entre deux sanglots. Qu’allons-nous faire pour la retrouver saine et sauve ? 
Alors qu’elle n’obtenait aucune réponse, tellement le pauvre homme était dépité, elle sortit de la maison en courant. Puis elle se dirigea vers le centre du village. Un peu plus loin, dans l’arbre-maison,  Abraham et Pénélope ainsi que les parents de Kylian étaient entrain de discuter pour savoir ou pouvaient être leurs fils. Soudain, la mère d’Edna pénétra en pleurs dans le salon :
   -Où est ma fille ? sanglota-t-elle. Où est Aurian ? Ce garnement est-il avec elle ?
Abraham se leva, rassuré à l’idée d’avoir de nouvelles informations, et répondit :
  -Du calme, nous allons trouver une solution !
  -Une solution ? Mais enfin vous n’avez pas conscience du danger ? dit la mère d’Edna en tournant en rond comme un lion en cage, et en agitant les bras dans tous les sens.
  -Mais de quoi parlez-vous ? demanda Pénélope, de plus en plus anxieuse. Où sont nos enfants ?
La mère d’Edna tendit la lettre de sa fille et Abraham la saisit. Après quelques secondes, il releva son regard vers sa femme :
  -Je crois qu’Aurian a de nouveau une idée derrière la tête… Dit-il, à la fois soulagé et quelque peu paniqué. 
  -Fais-moi voir ça ! dit Pénélope en arrachant la lettre des mains d’Abraham. 
Elle lut le petit manuscrit et blêmit.
  - Quoi ? s’exclama-t-elle. Un trésor ? Mais où est-il allé chercher ça ?
  -Nous n’en avons aucune idée, répondit le père d’Edna, totalement décomposé.
Le pauvre homme alla s’asseoir dans un fauteuil en osier, et il enfoui son visage dans ses mains. Abraham le vit, et pensa, compatissant, qu’il devait agir :
  -Allons bon, écoutez-moi, dit-il, nous allons attendre une nuit. Aurian et Kylian sont déjà partis très souvent pendant une nuit. Ils seront sûrement là demain matin.
  -Abraham ? Avez-vous perdu la mémoire ? demanda la mère de Kylian. Avez-vous oublié leur escapade de 3 jours ?
  -Je ne vais pas vous mentir en vous disant que non. Je vous avoue aussi que j’avais moi-même eu très peur pour eux. Mais soyez compréhensive : ils ont besoin de s’amuser ! Si ils faisaient ce que je faisais moi à leur âge, vous les enfermeriez ! 
  -Mais ils ne sont pas vous ! Ils ne savent pas vivre seuls dans la nature !
  -J’ai appris à Aurian tout ce qu’il faut savoir, soyez sans craintes, dit-il presque blasé. Et Kylian le côtoie tellement qu’il en sait au moins autant que lui ! 
Alors que la mère d’Edna s’apprêtait à reprendre la parole, il prit les devants :
   -Je vous assure que votre fille n’encourt aucun risque. Notre vallée est sure, et Aurian sait comment dormir à la belle étoile.
LA mère d’Edna commença à se calmer, et ses gestes devinrent moins brusques. Elle s’arrêta au milieu de la pièce, et, en laissant retomber ses bras le long de son corps, elle demanda :
  -Alors que devons-nous faire ? 
  -Nous allons attendre demain matin. Et si jamais ils ne reviennent pas pendant la nuit, nous irons voir leur maître d’école. Il saura nous donner d’autres informations.
Le père d’Edna sorti sa tête de ses puissantes mains. Il leva vers le vieil homme un regard entre haine et espoir :
  -Comment pouvez-vous en être aussi sûr ? demanda-t-il surpris. Vous lisez dans les esprits ?
  -Non, bien sûr que non voyons, répondit-il en prenant une voix calme. J’ai simplement vécu plus longtemps que vous, et je sais qui peut aider dans telle ou telle situation. Faites-moi confiance, dit-il à l’intention de tous.
Les parents d’Edna se résignèrent à la décision du doyen et repartirent chez eux. Ceux de Kylian restèrent un peu :
  -Êtes-vous certains qu’ils ne courent aucun risque ?
  -On ne peut plus, assura Abraham, le regard emplit de sagesse.

*

Au milieu de la clairière, les trois enfants étaient allongés sans bruit. Mais aucun d’eux ne dormait. Edna, entre ses deux amis, réfléchissait. Elle réfléchissait à ce qui pouvait arriver. Et si un loup les attaquait ? Et s’ils se perdaient ? Et s’ils manquaient de nourriture ? Et s’ils ne trouvaient aucun indice ? Elle pensait à tous les incidents qui pouvaient survenir, et cela l’empêchait de s’endormir. Kylian de son côté, pensait aux anciens guerriers. Il s’imaginait arborant une armure flamboyante portant une longue épée à la lame effilée, s’appuyant sur son lourd bouclier de métal. Il se voyait  au sommet d’une colline. Il examinait le champ de bataille et évaluait les forces ennemies, qui s’entassaient en masse de l’autre côté de la plaine. Des hommes armés jusqu’aux dents. Nombreux. Nombreux mais peu entraînés. Il s’imaginait en train de se retourner, de contempler ses fiers compagnons. Il s’imaginait entrain de crier l’ordre de charger, de courir aux côtés de ses frères d’armes, équipés de la même armure que lui, de la même lame et du même bouclier. Il se voyait déjà arborant le casque du chef ennemi, vaincu et gisant à terre. Il s’imaginait marchant vers la cité dorée qui s’élevait déjà au coin de l’horizon. Kylian était en marche vers elle quand il s’endormit. Aurian quant à lui réfléchissait aux méthodes à utiliser le lendemain matin. Ils devaient rester près de la rivière, comme le lui avait appris Abraham, afin d’avoir un point d’eau à proximité en toutes circonstances. Il leur fallait également chercher des recoins susceptibles d’abriter une cachette. Combiner marche rapide et observation, analyse sérieuse des environs et cueillettes de fruits, conjectures sur l’emplacement probable du trésor et bagarres avec ses amis. Il arriva au pays des rêves en pensant à tous les tours qu’il pourrait faire à Kylian et Edna. Alors, il n’y eut presque plus aucun bruit dans la petite clairière, et le calme crépitement du feu ainsi que la respiration posée des garçons rassurèrent Edna, qui sombra à son tour dans un profond sommeil.
Alors qu’ils dormaient depuis déjà plusieurs heures, le hululement d’une chouette, les couinements des rongeurs et les craquements des branches réveillèrent Edna. Prise de panique, et croyant voir des ombres dans tous les coins, elle secoua Kylian. Celui-ci ne bougea pas d’un pouce et se mit à parler en dormant :
  -Non… Laisse-moi dormir encore un… encore un… encore un peu…
Attristée par le manque chronique de soutient de la part de Kylian, elle se tourna vers son second compagnon:
  -Aurian ! Réveille-toi ! J’ai peur…
En sortant de sa torpeur, Aurian réussi à balbutier quelques mots :
  -Mais qu’est-ce qu’il y a ? Tu n’arrives pas à dormir ? demanda-t-il inquiet.
  -Ce n’est pas ça, répondit –elle, j’ai entendu du bruit.
Aurian regretta alors de ne pas avoir fait d’excursion d’entraînement avant. Edna ne savait rien de la nature, et il comprenait tout à fait le fait qu’elle puisse avoir peur. Lui-même avait était effrayé toute la nuit lors de sa première expédition avec Abraham, il y a quelques années de cela. Il se leva et alla remettre du bois dans le feu. Les flammes repartirent, et firent briller la chevelure du jeune garçon. Puis, il s’assit en tailleur à côté de son amie :
  -Je vais monter la garde si tu veux, dit-il. Je n’ai plus trop sommeil.
Edna, très touchée par cette attention, ne savait plus trop quoi répondre :
  -C’est vrai ? Mais tu n’es pas obligé ! Je ne vais pas t’empêcher de dormir ! Après tu seras fatigué demain et ça sera ma faute…
Aurian sourit à cette idée :
  -Ecoute, de toute façon je ne pourrai pas dormir si je te sais paniquée. Alors dors sereinement pendant que je surveille les alentours, dit-il en saisissant la pipe-bambou de sa main droite. J’ai de quoi m’occuper, ajouta-t-il en mimant des ronds de fumée.
Edna se mit à rire, ce qui manqua de réveiller Kylian. Elle reposa sa tête sur le sol et chuchota quelques mots :
  -A demain alors…
Et Aurian répondit la même chose, en allumant le bout de la pipe avec les braises encore rouges.

Bilan


Interview - Timothée de Fombelle répond à nos questions !

Je pense que c'est la publication que vous attendiez le plus dans cette semaine. Sans vous faire attendre plus longtemps, voici  l'interview réalisée auprès de Timothée de Fombelle !


 

Suite à une demande d'interview, j'ai contacté la maison d'édition Gallimard Jeunesse et ai pu poser quelques questions à l'auteur de Vango et de Tobie Lolness. Les voici :

Coffee & Books : Dans quelles circonstances aimez-vous écrire ? De quelle ambiance avez-vous besoin ?
Timothée de Fombelle : J’ai longtemps écrit dans des bibliothèques. Je partais le matin pour rejoindre ces lieux calmes et remplis de livres. Je ne consultais rien, mais je profitais des bonnes ondes des bibliothèques ! Depuis quelques mois, j’ai un atelier. Un peu comme un artisan, je suis heureux d’avoir cet espace qui me ressemble et où je peux écrire, bricoler, inventer mes univers. Mais le comptoir d’un café me sert souvent à sortir de mon ermitage.

C&B : Quel est le premier roman que vous ayez écrit (sans que celui-ci soit forcément publié) ?
T. de F. : Enfant et adolescent, j’écrivais surtout du théâtre. Mes premiers textes se sont donc envolés dans des représentations éphémères… Je me souviens de quelques titres : Fifre et tambour, ou Un ange passe.

C&B : Sur quoi travaillez-vous en ce moment ? 
T. de F. : C’est un véritable grand écart entre différents projets. Je termine un scénario de bande dessinée qui se passe dans les années 50 ainsi qu’une adaptation pour un orchestre symphonique de mon roman Céleste ma Planète. Mais je suis surtout dans un grand roman autour des Contes de fées, pour lequel j’ai encore beaucoup de boulot.

C&B : Quelle relation avez-vous avec vos personnages ? De qui vous inspirez-vous pour les écrire ? 
T. de F. : Mes personnages deviennent mes intimes, mais je ne crois pas qu’ils sont inspirés de mes proches. En tout cas, quand il s’agit de les quitter à la fin d’un projet, je suis terriblement nostalgique. Vango et Ethel, par exemple, ne m’ont toujours pas quitté.

C&B : Comment vous est venue votre vocation/métier d'écrivain ?
T. de F. : Par le jeu. Enfant, j’écrivais des livres comme on bâtit des cabanes. Et puis, en prenant l’habitude d’écrire, nos outils se perfectionnent. Mais j’ai mis longtemps à me dire que c’était un métier.

C&B : Quel a été le "livre-déclic" ? 
T. de F. : Difficile de me souvenir… Je crois qu’un petit livre comme Mon Bel Oranger (José Mauro de Vasconcelos), lu vers 10 ou 11 ans, a énormément marqué mon imaginaire.

C&B : Quel est actuellement votre livre de chevet ?
T. de F. : Ce n’est pas très moderne ni très original : Les Mémoires d’Outretombe, de Chateaubriand. Voilà une vie qui est pleine de tant de vies ! 

C&B : Si vous deviez partir précipitamment et emporter seulement trois livres, quels seraient-ils? 
T. de F. : Oh la la ! Quelle question piège ! Si c’est pour toujours, j’emporterais des livres qui sont des réservoirs infinis de vies et d’histoires, Les Essais de Montaigne ou la Bible, tout simplement. Je prendrais aussi les œuvres complètes de Rimbaud. Mais si je partais pour un mois, je relirais trois livres de Dumas : les Trois Mousquetaires, Vingt ans après, et le Vicomte de Bragelonne.

C&B : Ecrivez-vous plutôt avec un stylo ou sur l'ordinateur ? Avez-vous un carnet avec vous pour noter les idées qui jaillissent ? 
T. de F. : J’écris assez vite sur un ordinateur en lâchant mes cahiers, mais l’aventure commence toujours sur du papier. Des petits carnets, puis des plus grands, au fur et à mesure que mon projet se construit. 

C&B : Qu'est-ce qui qualifie selon vous un écrivain ? 
T. de F. : Un mélange de doute et de confiance en soi. Il faut plonger en soi pour y puiser de la matière, mais il faut être sans arrêt dans une autocritique qui va aiguiser l’écriture, balayer les clichés.

C&B : Que vous a permis votre métier ? 
T. de F. : Je pensais que c’était un métier sédentaire et solitaire, et ma grande surprise c’est que l’écriture m’a conduit au contraire à beaucoup de voyages et beaucoup de rencontres. Tobie Lolness, par exemple, m’a conduit, grâce à ses 29 traductions, de Prague à Rio, en passant par Helsinki, Londres, Milan. Et les plus belles rencontres, en dehors de celles avec des lecteurs, sont artistiques. Mon travail avec François Place, l’illustrateur de Tobie, est un grand bonheur. La découverte de libraires magnifiques, d’éditeurs, de bibliothécaires m’apporte aussi beaucoup.

C&B : Quel a été votre parcours professionnel (bac, études...) ?
T. de F. : J’étais un élève plutôt littéraire, mais j’ai voulu prendre le risque de mettre quelques chiffres dans ma formation en passant un bac économique. Puis retour aux lettres par l’hypokhâgne et la khâgne, et je suis devenu enseignant quelques années tout en continuant à écrire.

C&B : Faites-vous lire vos premiers jets à votre famille, vos amis ? 
T. de F. : Je fais lire une version qui me semble assez achevée. Jamais trop tôt… Et je suis très à l’écoute des remarques de mes plus proches.

C&B : A quelles occasion rencontrez-vous vos lecteurs ? (Prochainement ?)
T. de F. : Il m’arrive de me balader entre collèges, salons et bibliothèques. Mais j’essaie de mettre l’écriture au cœur de mon activité. Je serai par exemple pour la première fois aux Imaginales, à Epinal en mai. Au salon de Nice en juin, je crois. Le reste du temps, j’écris !

C&B : Que conseillez-vous à des jeunes qui veulent écrire ? 
T. de F. : De chercher leur chemin d’écriture, leur propre voie. De ne pas oublier le lecteur en route, d’essayer d’entraîner ce lecteur dans leur aventure. Et puis d’essayer de faire en sorte que l’intensité de l’écriture existe à l’échelle du livre, du paragraphe, de la phrase.

C&B : Avez-vous un mot pour les lecteurs de Coffee & Books ?
T. de F. : Etant donné que j’aime exactement autant le café et les livres. Le mot que je leur dis tient en neuf lettres : CONTINUEZ !



Merci à Timothée de Fombelle et à Mme Cuissot !



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