29 juin 2013

Une interview réalisée auprès de Cornelia Funke ! Merci à Alice :)

Alice, partenaire adorable et bloggeuse de talent, a pu interviewer l'auteure allemande Cornelia Funke, auteur entre autres de la saga Reckless, de la trilogie Coeur d'Encre ou encore du Prince des Voleurs. Ayant également posé des questions à l'auteur, Alice m'a permis de publier l'interview sur le blog : j'ai préféré n'en diffuser qu'un extrait, et vous invite à retrouver l'interview intégrale sur son blog fantastique

     


The Lewis Caroll Army: Je sais que tu es actuellement en train de travailler sur la suite de Reckless. As-tu d'autres projets à venir ?
Cornelia Funke : Je travaille actuellement sur le livre 3 de MirrorWorld (la série Reckless). Fearless était la première suite. La recherche pour faire agrandir cette série va être tellement intense que je reste loin de tout autre grand projet. Je fais des petites histoires, parfois pour les lecteurs plus jeunes, sinon ils pourront penser que je les oublie derrière le miroir. Je travaille aussi pour des applications (que je préfère appeler ''Respirant des Livres'':) pour mes mondes, parce que je n'ai jamais été très contente des interprétations visuelles qu'on a faites en films. L'application pour le MirrorWorld est faite, Le cavalier du dragon est à venir et on va bientôt commencer avec le Monde d'Encre.

The LCA: Quel est le dernier livre que tu as lu et apprécié ?
C. F. : Je lis beaucoup afin de rechercher des choses pour le MirrorWorld. J'ai justement lu le plus enchanteur des Canadian Folk Tales et plusieurs livres en Russie. Comme fiction, j'ai lu tous les Sherlock Holmes et j'en suis devenue une addict. Ensuite j'ai lu R.L Stevenson pour l'écriture et le voyage... comme tu vois, je suis une mangeuse de livre avec des piles partout à la maison !

The LCA: La question classique : quels seront les 3 livres que tu prendrais avec toi sur une île ?
C.F. : ''The Once and Future King" De T.H. White
      ''The Princess Bride'' de William Goldman
      ''The Rain King '' de Saul Bellow
(et bien sûr je peux nommer une centaine d'autres titres)


Retrouvez ici la suite de l'interview !
Et merci à Alice et Cornelia :)

28 juin 2013

PPDM #9 De retour !


C'est les vacances !!! 

Profitez tous où que vous soyez, qu'il fasse beau (hum hum) ou gris comme en ce moment (le soleil aussi est parti en vacances, il serait temps qu'il revienne ^^). 

Bouquinez, visitez, sortez vous balader et soyez heureux (Hakuna Matata, ze philosophie !)

Et à très bientôt sur Coffee & Books pour de nouvelles chroniques !


17 juin 2013

Interview de Gaël Bordet


Et oui, je ne peux pas me passer de vous ! Petite apparition sur le blog afin de partager avec vous l'interview réalisée auprès de Gaël Bordet.

Mon collège a eu la chance de recevoir Vendredi dernier la visite de Gaël Bordet, auteur pour la jeunesse chez Bayard. A cette occasion, le club lecteur a pu lui poser quelques questions.
 D'ailleurs, son roman Petits Contes à Régler, dont la chronique sera publiée en Juillet, a été placé sur la deuxième place du podium "Club Lecteurs 5ème" organisé au collège, parmi une sélection de romans. Une belle victoire, qui est bien méritée ! 


Club Lecteurs : Bonjour ! Pourriez-vous vous présenter en quelques mots ?
Gaël Bordet : Bonjour ! Alors, j'aime le chocolat, j'ai passé mon enfance en Afrique (en Côte d'Ivoire et au Sénégal), ce qui a développé mon imagination. Aimant l'art, je m'essaye aussi à la sculpture, au dessin ou encore au théâtre. J'aime écrire depuis ma jeunesse, et mes auteurs préférés sont I. Calvino, un auteur fantaisiste, Flaubert ou encore Proust, qui décrit très bien les relations humaines.

C. L : En combien de temps avez-vous écrit votre roman (Petits Contes à Régler, ndlr) ?
G. B. : Je l'ai commencé en 2005, et il est sorti en 2011: entre temps j'ai fait une pause de deux ans dans sa rédaction, car je ne le jugeais pas assez bien. Mais même si rien n'est jamais parfait, je l'ai continué jusqu'au bout ! Il ne faut pas se décourager.
De plus, derrière tout roman, il y a deux phases : une phase d'écriture et une phase durant laquelle on recherche un éditeur ; cette phase peut être longue, et en ce qui me concerne, Bayard m'a contacté au bout de neuf mois.

C. L. : Avez-vous eu envie d'abandonner ?
G. B. : Oui, comme je le disais, je ne le jugeais pas assez bien en comparaison avec d'autres auteurs ; les découragements sont fréquents mais je l'ai tout de même terminé.

C. L. : Comment vous est venue l'idée d'écrire Petits Contes ? Et de réunir tous les personnages de Perrault en un seul roman ?
G. B. : Dans ses contes, Perrault parle de contrées telles que Mirabilis par exemple, qu'il ne développe pas. J'ai voulu décrire ces mondes dont Perrault ne parle presque pas. En ce qui concerne les personnages de Petits Contes, je voyais à l'origine Pandora (une jeune rebelle mystérieuse, ndrl) comme étant une méchante, qui voulait se venger de quelque chose, mais au fur et à mesure ce personnage a évolué, elle pourrait avoir de bonnes raisons de se rebeller.
Durant la rédaction d'un roman, des personnages peuvent se rajouter, c'est le cas de Gueule-de-Loup par exemple (un tavernier qui n'hésite pas à parler fort ! ndlr) : on a la liberté de s'adapter mais il faut toujours garder un fil conducteur, un objectif.

C. L. : Quel(s) est/sont le(s) message(s) de votre roman, s'il y en a ?
G. B. : Le roman parle des peurs de l'enfance, comment elles sont vécues, qu'est-ce qui angoisse... Les personnages de Perrault sont tous soit porteurs d'angoisse, soit ils ressentent de l'angoisse. Ils ont tous "un grain", doivent surmonter des épreuves... Il parle aussi de liberté, de ce qu'on fait de notre liberté, de la liberté de conscience qui nous conduit à refuser d'obéir à un ordre injuste ou tyrannique : par exemple les Résistants lors de la Seconde Guerre Mondiale. Il parle également du plaisir de la lecture : les contes ne sont pas que pour les enfants.

C. L. : Que représentent pour vous vos personnages ? Vous identifiez-vous à certains d'entre eux ? 
G. B. : Pandora représente la résistance, la justice. Jason (un jeune homme ayant de l'expérience en ce qui concerne les mondes féériques, à la tête des jeunes stagiaires de l'Observatoire des mondes imaginaires, ndlr) est responsable et raisonnable. Hector (un jeune homme aux cheveux teints en bleu, très sympathique, ndlr) est claustrophobe, il ressent de l'angoisse, et il se pose beaucoup de questions tout en cherchant des réponses. Sybille (la plus jeune des stagiaire, a une sorte de don de "vision", ndlr) est jeune mais volontaire, malgré sa fragilité. Et tous sont soudés par une amitié forte. D'ailleurs, en ce qui concerne les personnages, Gueule de Loup, Pandora et Hector ont un profil Facebook ! N'hésitez pas à les demander en ami :)

C. L. : Dans votre roman sont présentes de nombreuses inventions, dont le verbe "féér", qui désigne des objets enchantés. Pourriez-vous nous l'expliquer ? D'autre part, vous parlez aussi de l'archéopsyché, une sorte de minuscule cortex célébral logée dans l'hippocampe, une partie du cerveau...
G. B. : Dans ses contes, Perrault utilisait parfois ce mot au lieu de "féérique". C'est de là que vient l'idée ! En ce qui concerne l'archéopysché, il est inventé même si l'hippocampe existe bien ! L'archéopsyché permet de voyager dans l'Imaginaire et s'efface peu à peu lorsque l'on adulte. Mais pour un agent, il ne disparaît pas...

C. L. : Mirabilis est une ville au décor fabuleux, cadre d'une partie de votre roman. Avez-vous déjà essayé de la représenter ? Ce serait une bonne idée pour des étudiants en art ! D'autre part, le château majestueux de Cendrillon est doté d'une galerie de miroirs. Serait-elle en partie inspirée par la magnifique Galerie des Glaces de Versailles ? En est-il de même pour les jardins du château, ceux de Mirabilis et ceux créés par Le Notre ?
G. B. : Mirabilis a été représenté par Benjamin Bachelier, qui est l'illustrateur de Petits Contes. Il a publié ses créations sur un site, qui a été malheureusement piraté. Mais il a gardé les esquisses, et mon image de couverture sur Facebook (la page Facebook de Petits Contes
) est une vue de nuit de cette cité. Et pour le château de Cendrillon, il est un peu inspiré de celui de Versailles.

C. L. : Avez-vous écrit d'autres romans ?
G. B. : Le deuxième volet de la saga, L'affaire Sherlock H., sort le 20 Juin. Il parle de l'univers de Sherlock Holmes, et le titre est dans la lignée du tome 1, Le cas Rubis C. Et à l'origine, Petits Contes à Régler devait être le titre du tome 1 ! Il a finalement été utilisé pour celui de la saga. Je pense que l'on peu lire le tome 2 sans avoir lu le tome 1 au préalable, puisque de nombreux rappels sont faits et que l'on y trouve un lexique. (Petit mot de Safran : Direction vos librairies ! ^^)

C. L. : A quel âge avez-vous commencé à écrire ? 
G. B. : J'ai commencé vers 8-9 ans, pour le plaisir. L'une de mes premières histoires était celle d'un lynx égaré dans un champ de coton. Pas très réaliste !  Et sinon, j'ai commencé à écrire Petits Contes à un peu moins de 30 ans.

C. L. : Avez-vous toujours voulu être écrivain ?
G. B. : Je voulais lire des histoires, en vivre, mais je n'ai pas vraiment pensé à "être écrivain". Je ne pensais pas pouvoir l'être, et ne me considère toujours pas comme un écrivain. Je pense que ce sont les lecteurs qui le disent, c'est difficile de dire si ce que l'on fait est bien.

C. L. : De combien de tomes sera faite la série ?
G. B. : Cela dépend des ventes. Je pense en faire un troisième, il faut que j'en parle à mon éditeur. Et, petit scoop, il se passerait dans l'univers fantastique de Jules Verne !

C. L. : Avez-vous un autre métier ? 
G. B. : Je lis beaucoup, et suis lecteur de manuscrits chez Gallimard Jeunesse. Avant, j'étais sociologue.

C. L. Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui souhaite écrire ? 
G. B. : Il faut beaucoup lire, s'imprégner de la manière de construire une histoire, avoir un fil conducteur, un dénouement, une chute. Et surtout, il faut se relire pour veiller à la cohérence de son texte ! Il faut également éviter de dissocier les descriptions de l'action pour ne pas perdre le lecteur et ne pas rompre le rythme.

C. L. : Si vous deviez partir précipitamment et n'emporter que trois livres, quels seraient-ils ?
G. B. : Pas évident... Nos goûts évoluent, et puis il existe tellement de livres incroyables ! J'ai bien envie de tricher un peu. Tout d'abord, la Bible, peut-être le livre le plus célèbre au monde, qui est un recueil d'histoires toutes plus exceptionnelles les unes que les autres. Ensuite, et c'est là que je triche, la Trilogie des ancêtres, d'Italo Calvino (qui comprend Le Baron perché, Le Vicomte pourfendu et Le Chevalier inexistant). Enfin, et je triche encore un peu, l'ensemble de La Recherche, de Proust, qui est un formidable observateur de son temps, des moeurs et des caractères. Bien embêté de ne pas pouvoir emporter Les Trois mousquetaires ou les pièces de Shakespeare.

C. L. :  Lisez-vous des romans jeunesse ?
G. B. : Enormément ! La littérature jeunesse, qui n'est pas un genre contrairement à ce que beaucoup pensent (y compris nos chercheurs les plus sérieux), offre justement une diversité et une créativité qu'on ne voit plus toujours dans la littérature dite générale. Parmi les auteurs que j'apprécie, se trouvent par exemple Silvana Gandolfi, Timothée de Fombelle, Pierre Bottero, Eoin Colfer...

C. L. : Avez-vous une anecdote sur votre métier à nous raconter ?
G. B. : Une petite anecdote qui montre bien (si besoin était) que fiction et réalité se confondent très souvent. Des amis musiciens ont fondé un groupe de rock velu-fendard fééric trash. On envisage une tournée en France, et une autre en Europe.

C. L. : Auriez-vous un mot pour les lecteurs de Coffee & Books ?
G. B. : Continuez de prendre du plaisir à lire, écrire, et partager vos impressions : c'est communicatif ! Inspiration, encouragments et succès pour vos oeuvres, à commencer par les textes que vous écrivez pour le concours organisé par Safran. En tout cas, bravo pour ce blog très bien construit, et original pour ses points de vue. Je rêverais d'ailleurs de me promener entre les rayonnages de votre belle bibliothèque !

Merci à Gaël Bordet, aux documentalistes du colège Marie-Béatrice et Linda, et à Eugine qui a retranscrit toute l'interview !



12 juin 2013

PPDM #8 : Absence momentanée


Bonjour à tous et toutes !

Les examens approchent, aussi vais-je profiter de ces deux semaines (et même un peu plus) avant le Brevet pour finir mes révisions. Il est devenu difficile de publier des chroniques et de bachoter en même temps, et même si ce n'est pas le bac, ça reste un examen (le premier d'une looongue série ^^). 

Rendez-vous donc début Juillet avec trois nouvelles chroniques de romans. 

Et bonne chance à tous !


9 juin 2013

Les Aventures d'Aurian - par Adrien : Chapitre sept


Les Aventures d'Aurian  ©
Chapitre 6

Au milieu de la forêt, le petit groupe avançait gaiement le long d’un sentier couvert de quelques feuilles mortes. Le doux bruit de la petite rivière les accompagnait depuis déjà plusieurs heures et les deux garçons qui avançaient sans peine chantaient à tue-tête depuis plusieurs kilomètres. À l’inverse, Edna commençait à fatiguer. Alors qu’ils passaient près de la grotte sans s’arrêter, elle décida d’intervenir :
  -Les garçons, je fatigue moi… dit-elle en se laissant retomber sur le sol. Elle se coucha sur son sac et ferma les yeux. Et je crois que vous n’avez même pas vu la grotte.
À ces mots, ils stoppèrent net :
  -Une grotte ? demandèrent-ils d’une seule voix.
Edna, presque trop fatiguée pour parler, leur indiqua la fameuse cavité de la main. À dix mètres d’eux, au-dessus d’une petite pente, nichait dans la roche une fracture verticale assez longue, mais étroite. Un petit ruisseau qui coulait à côté venait se jeter dans la rivière pour continuer son chemin, et des arbustes en cachaient partiellement l’entrée. Conscient du fait qu’il avait omis de regarder partout autour de lui, Aurian remercia chaleureusement Edna :
  -Sans toi nous serions passés à côté sans même la voir ! Merci, dit-il en déposant à son tour son attirail.
Edna se laissa tomber dans l’herbe et se coucha sur sac à dos. Elle ferma les yeux comme pour mieux se reposer et dit :
  -Vous devriez aller regarder dans la grotte, on ne sait jamais !
Kylian lâcha à son tour son sac à dos :
  -Elle a raison, il y a peut-être le trésor à l’intérieur !
Alors qu’ils remontaient la pente douce qui menait à la grotte, ils entendirent un soupir de soulagement :
  -Qu’est-ce-que ça fait du bien d’enlever ses chaussures, dit Edna en contrebas.
Les deux amis se retournèrent et lui décochèrent un sourire amusé. Puis ils s’approchèrent de la grotte. L’entrée n’était pas très large, et faisait environ deux mètres de haut. Après avoir appréhendé la taille et la profondeur de la cavité, ils pénétrèrent à l’intérieur. Alors qu’ils avançaient en longeant le mur, une petite voix leur vint de l’extérieur :
  -Vous trouvez quelque chose ?
  -On ne voit rien ! répondit Aurian. Il nous faudrait une torche !
Edna se mit alors à chercher dans les sacs. Elle savait qu’elle n’avait rien dans le sien, et ouvrit donc celui d’Aurian. En voyant qu’il n’y avait aucune torche, elle releva la tête vers la grotte, mit ses mains en porte-voix, et cria :
  -Revenez ! Je ne sais pas comment on fait moi !
Les deux garçons ressortirent, et ils redescendirent vers la rivière. Kylian mourrait d’envie d’aller chercher le trésor, mais il sentait que ses pieds appelaient au secours. Alors il enleva lui aussi ses chaussures et senti un sentiment de liberté l’envahir. Puis il descendit prudemment sur les rochers qui bordaient la rivière, et il enfonça ses pieds dans l’eau claire.
  -Viens me rejoindre, dit-il à l’intention d’Edna, tu verras comme ça fait du bien !
La fillette qui inspectait ses pieds rougis ne se le fit pas dire deux fois, et elle le rejoignit rapidement. Elle s’assit à côté de lui et elle commença à faire des petits cercles du bout des pieds dans ce bain réconfortant. Elle barbota quelques instants et se retourna vers Aurian. Celui-ci était entrain de fouiller dans son sac, il tenait dans sa main droite un bâton d’une trentaine de centimètres, et à ses pieds gisaient de vieux bouts de tissus. Il avait remonté les manches de sa chemise et ses coudes brillaient par intermittence lorsque les rayons du soleil les rencontraient.
  -Tu as ce qu’il faut pour faire une torche ? demanda-t-elle de sa voix fluette.
Aurian se redressa victorieux et brandit une sorte de pâte luisante :
  -La voilà cette satanée graisse ! Je savais bien que je l’avais prise dit-il en ramassant le tissu à ses pieds.
Puis, il enleva à son tour ses chaussures de cuir. Ses orteils dorés se posèrent sur le sol, et il se sentit instantanément plus libre. Il les remua, les uns après les autres, et en voyant qu’ils étaient encore réceptifs après cette dure journée de marche, il se félicita intérieurement. Aurian se savait à l’aise avec la marche, mais il voulait essayer de renforcer ses pieds. Il se demanda s’il pouvait continuer sans chaussures. Après tout, il pouvait profiter de ses orteils… Il avait l’impression qu’ils n’étaient pas affectés par la douleur, et pourtant, il sentait chaque brin d’herbe sous ses pieds. Décidé à tester son étrange pouvoir, il opta pour la marche pieds nus. Puis il rejoignit ses amis à grandes enjambées et  il s’assit à côté d’eux. Il aligna les bouts de tissu le long de sa cuisse droite, saisit son bout de bois de la main gauche, et commença à confectionner sa torche :
  -Regarde Edna, il suffit d’enrouler le bois de tissu, puis de l’enduire de graisse. Ensuite, on remet du tissu, et encore de la graisse, et ainsi de suite ! dit-il fièrement.
Edna voyant que les yeux d’Aurian brillaient d’excitation, mais elle doutait de la sécurité du dispositif :
   -Mais ça ne risque pas de couler ? demanda-t-elle inquiète.
  -Si, c’est pour ça qu’on doit mettre un bac de récupération en dessous. Je l’ai fait moi-même et je vais bien voir s’il fonctionne.
Là, il sortit un récipient en bois. Il avait la forme d’un demi-œuf coupé dans le sens de la largeur, et un trou assez large avait été creusé au fond. Aurian prit son bout de bois et le planta dans le récupérateur. Il l’enfonça jusqu’à ne plus pouvoir. Kylian avait tout regardé et paraissait impressionné :
  -Je n’avais jamais pensé à bloquer la graisse de cette façon ! C’est génial ! s’exclama-t-il. Mais il faut juste faire attention à garder la torche bien droite sinon tout peut couler.
Aurian, fier de sa découverte, acquiesça d’un hochement de tête. Il posa sa torche dans l’herbe, il enleva sa chemise, et il descendit dans l’eau. Pendant sa descente, ses amis purent voir la tâche dorée le long de sa colonne vertébrale. Quand l’eau lui arriva à la taille, il invita ses amis à venir le rejoindre :
  -Venez, elle n’est pas froide ! On va pouvoir s’amuser comme vous le vouliez ce matin, dit-il le regard narquois.
Kylian se débarrassa de sa chemise et plongea dans l’eau. Edna, elle, enleva sa robe. Elle portait en dessous une sorte de grande chemise en fine laine blanche cousue à un short. Le tout lui couvrait les épaules et descendait jusqu’au milieu de ses cuisses.
  -Je ne sais pas bien nager, dit-elle en avançant prudemment pour ne pas glisser sur les pierres lisses. Vous me rattrapez si je tombe hein ? demanda-t-elle en levant la tête vers ses amis, tout en essayant de s’agripper à quelques racines.
Aurian s’approcha d’elle pour la mettre en confiance, et Kylian vient lui tenir la main :
  -Ne t’inquiète pas, répondit-il, c’est moi qui ai appris à nager à Aurian : tu vas devenir une championne en deux temps trois mouvements !
 Edna se rapprocha de ses amis guère peu rassurée. Mais, voyant qu’elle avait pied et que le courant n’était pas très fort, elle se rassura. Elle chercha une cachette des yeux et vit un petit rocher qui dépassait du fil de l’eau. Elle commença à se déplacer dans sa direction, et arrivée à mi-chemin, elle accéléra le pas en envoyant de l’eau sur ses deux amis. Ceux-ci, pris par surprise, ne réagirent pas et se sentirent assaillis par un froid soudain. Quand ils se rendirent compte qu’ils avaient été victimes d’une attaque, ils envoyèrent des bourrasques vers Edna. Mais celle-ci s’était déjà protégée derrière  son rocher,  et elle riait aux éclats. Quand ses deux amis arrivèrent de part et autre de son abri de fortune elle poussa un cri :
  -Ha non pitié ! C’est froid ! dit-elle en recevant des trombes d’eau sur le corps.
Leur vengeance étant accomplie, les deux garçons retournèrent sur la terre ferme et étendirent leur pantalon à des branches d’arbre.  Edna sortit de l’eau et demanda un peu gênée :
  -Vous pourriez vous tourner s’il vous plaît ? Je dois me changer parce que je n’ai rien d’autre et je dois faire sécher cette chemisette.
Les deux garçons obtempérèrent, et ils allèrent un peu plus loin.
  -J’ai pris la torche, dit Aurian, on va pouvoir y aller. Remets tes chaussures et sèches toi un peu.
  -Tu as raison, ça serait bête d’attraper froid de cette façon ! dit Kylian en se frictionnant.
Kylian alla à l’entrée de la grotte tandis qu’Aurian reparti vers les sacs.
  -Qu’est-ce-que tu fais ? demanda Kylian, la grotte est par là ! dit-il en pointant la sombre cavité rocheuse de sa main droite.
  -Je n’avais pas allumé la torche, répondit Aurian. Accorde-moi juste quelques instants.
Il sortit de la poche supérieure de son sac à dos un petit silex et un bout de métal. Il se mit à genoux et plaça la torche entre ses jambes. Puis, il disposa de la paille bien sèche sur la graisse et commença à frapper son silex contre le bout de métal. Des étincelles sortaient à chaque choc, ce qui permit à la paille de s’enflammer très facilement. Aurian se releva rapidement en brandissant la torche à bout de bras. Les flammes redoublèrent d’intensité et la graisse se mit à brûler. Edna, qui avait assisté à la scène restait bouche bée :
  -Tu pourras m’apprendre ? demanda-t-elle émerveillée.
  -Je te dois bien ça, répondit Aurian en faisant mine d’aspirer la fumée qui émanait de sa torche.
Edna se mit à rire et elle rejoignit ses deux compagnons :
  -Je vais surveiller les sacs pendant votre exploration. Faites attention, mes parents m’ont toujours dit que les grottes étaient des endroits dangereux.
Abraham avait lui aussi expliqué les dangers des grottes à Aurian. Ne jamais y aller sans lumière si la grotte est profonde, toujours s’assurer que la source de lumière a une longue durée de vie, ne jamais partir trop loin sans équipement, et ne jamais descendre trop profondément au risque de glisser et de tomber dans un trou trop profond pour en sortir Il parcouru les quelques mètres qui le séparaient de l’entrée d’un pas vif et s’arrêta aux côtés de Kylian :
  -Allons-y, dit-il en écartant les arbustes et en pénétrant à nouveau dans le sombre couloir.
Edna resta quelques instants à les regarder s’éloigner. Soudain, la lumière disparu. Ils avaient dû tourner. Elle redescendit vers les sacs et s’allongea. Elle sentait les brins d’herbe effleurer son visage. Elle entendait le doux bruit du ruisseau couplé à celui de la rivière. Le vent s’engouffrait dans ses cheveux et faisait s’envoler quelques mèches. Elle se sentait si bien qu’elle s’endormit presque aussitôt. Quand elle se réveilla, la luminosité avait déjà bien baissé. Elle se redressa sur son coude droit et vit que ses deux amis étaient revenus. Kylian finissait de tendre la peau d’ours au-dessus des piquets et Aurian faisait un cercle avec des galets pour abriter le feu.
  -On s’installe ici pour la nuit ? demanda la fillette un peu déboussolée. J’ai dormi longtemps ? continua-t-elle en songeant qu’elle avait fait une bonne sieste.
Aurian s’approcha d’elle en souriant. Edna avait l’impression que ses dents devenaient de plus en plus brillantes. Il s’assit à côté d’elle et dit :
  -Nous avons exploré toute la grotte, et il n’y a aucune trace d’un quelconque trésor. Elle tourne juste vers la droite au bout de quelques mètres, puis descends pendant une dizaine de pas. Après on s’est retrouvés bloqués puisque ce n’est qu’un cul-de-sac… conclut-il un peu triste. Et quand nous sommes remontés quelques minutes plus tard tu dormais déjà. On n’a pas eu le cœur de te réveiller, tu paraissais si tranquille. Et il faut dire que tu avais bien mérité un peu de repos.
  -Vous avez installé le camp, ça veut dire qu’on dort ici cette nuit ?
Aurian examina les alentours et répondit :
  -L’endroit me paraît idéal : il y a de l’eau, un abri en cas d’orage et une zone plate pour dormir.
Edna sourit un peu en pensant à sa longue sieste :
  -Je t’assure qu’on dort très bien, dit-elle en arborant un large sourire. Je peux vous aider ? Je pourrais installer les peaux sur le sol pour nous refaire le matelas.
En entendant cette proposition, Kylian se releva :
  -Si tu insistes, je ne vais pas t’en empêcher, dit-il en tendant les bras vers le ciel pour s’étirer.
Kylian avait choisi pour lieu de couchage le pied d’un grand chêne. Il avait planté deux piquets dans le sol, espacés  d’un mètre, et il avait disposé des galets en ligne au pied de l’arbre. Puis, il avait tendu la peau d’ours en la fixant avec les galets en en l’enroulant autour des deux piquets. De sorte que leur tente artisanale offrait un abri à la fois aéré et protégé. Edna était allée chercher les peaux de loup dans son sac et les avait disposées sur le sol, sous la peau d’ours. Alors que le soleil commençait à descendre à l’horizon, les trois compagnons commencèrent à manger au coin du feu qui grésillait. Aurian avait fait cuire le lapin qu’il avait capturé le matin même, et il était de nouveau allé chercher des fruits dans la forêt. Dès qu’ils eurent fini leur repas, les trois amis allèrent se coucher. Mais cette nuit-là, aucun d’eux n’avaient eût le temps de rêvasser. Chacun d’eux s’était endormi  après avoir posé sa tête sur les douces et réconfortantes peaux grisâtres.

*

Abraham s’était reposé toute la journée. Il venait de faire ses affaires, et il s’apprêtait maintenant à partir à la recherche des trois enfants. La nuit était entrain de tomber quand il dit au revoir à sa femme :
  -Essaye de garder un œil sur les parents d’Edna, j’ai peur qu’ils ne fassent une bêtise. Ils sont tellement inquiets qu’ils pourraient mettre leurs propres vies en danger.
  -Je n’y manquerai pas, rassure-toi, répondit-elle en passant ses mains sur les épaules de son mari.
Il déposa un baiser sur le front de Pénélope et sortit. Puis il descendit les marches et s’enfonça dans la nuit.
Alors qu’Abraham rejoignait la rivière, il pensait aux trois enfants. Sa priorité était de retrouver leurs traces. Evidemment, il ne serait pas chose aisée de connaître leur destination. Il avait appris à Aurian comment survivre dans la nature. Il savait donc qu’ils longeraient sûrement un court d’eau. Le seul de la vallée étant la rivière, il s’engagea vers le pont. Arrivé là, il chercha des traces sur le sol. Après quelques instants, il découvrit les empreintes de trois chaussures s’en allant vers le nord. Il suivit la direction indiquée par les pas, et s’enfonça dans le sous-bois.  Là, il vit une peau de lapins sur le sol. Aurian avait-il pris de quoi coucher dehors ? Quoi qu’il en soit, il était décidé à suivre la rivière. Il était certain qu’il ne faisait pas fausse route. Il ramassa la peau de lapin, la noua autour de sa tête, et pénétra dans la forêt.

5 juin 2013

Clin d'oeil aux partenaires #2



C'est avec plaisir que j'"interview" Miel, du blog Histoire en Vrac... dans le cadre de ce rendez-vous "spécial partenaires" !

1 – Pourquoi as-tu décidé de créer ton blog littéraire ?
J'avais commencé un blog parlant de tout et de rien, mais personne ne venait et il n'était pas connu du tout. J'en ai eu marre et je l'ai supprimé. Puis, comme je suis addicte des livres, je me suis dit que je pouvais parler de ma passion sur un blog ! 
2 – Depuis quand ton blog existe-t-il ?
Depuis le milieu de décembre 2012. Juste après les examens de Noël ! 
3 – Sur quels réseaux sociaux peut-on te retrouver ?
Aucun ! Désolée, mais je préfère ne pas mêler Facebook à mon blog.
4 – Qu’est-ce que les visiteurs aiment généralement sur ton blog ?
Je crois que... C'est les Critiques de livres. Et pour certains, mes textes. Mais ce n'est pas moi qui sais ça, c'est les visiteurs ! 
5 – Que préfères tu faire sur ton blog ?
J'aime beaucoup lire les commentaires et répondre à chacun d'eux. Aussi discuter de livres lus en commun.
6 – Qu'est-ce que cette activité t'apporte ?
J'ai l'impression de faire partie d'un groupe de fans de livres, et de donner des informations aux lecteurs.  J'aime donner mon avis sur les livres que j'ai lus. Je crois qu'alors, cette activité m'apporte du bonheur.
7 – As-tu d’autres passions dans la vie que la lecture ?
Oui ! Écrire des romans (seule, et depuis peu en duo) et dessiner. Je suis en troisième année de dessin dans mon académie, et j'attend de pouvoir passer en quatrième ! 
8 - Ton blog contient-il des articles non-reliés à la lecture? Si oui, quoi et pourquoi ?
Euh... Non, je ne crois pas. Il faudrait vérifier.
9 - Quel sont tes blogs préférés ?
Tous ceux que j'ai comme partenaires, ainsi que le blog d'Okapi, de Je bouquine...
10 - Quelque chose à ajouter ?
Oui : si vous avez quelque chose à me dire, si vous voulez m'envoyer une chronique, devenir partenaire de mon blog ou m'envoyer un texte, n'hésitez surtout pas ! Et, vive les livres ! 

Merci Miel !

Dossier : La Ferme des Animaux





La Ferme des Animaux est un roman de fiction, une fable puisque les animaux sont dotés de caractéristiques humaines. L'histoire se passe dans une ferme, d'abord appelée "Fermer du Manoir" et qui appartient au début du livre à Mr. Jones, un homme alcoolique et maltraitant ses bêtes. Les animaux de la Ferme, les cochons Napoléon, Brille-Babil, et Boule de Neige, le cheval Malabar, la jument Douce, l'âne Benjamin, les chiens, poules et moutons, décident de se révolter suite à un conciliabule nocturne demandé par Sage l'Ancien, un vieux verrat respecté par tous.
Ils chassent Jones de la ferme et mettent en place des commémorations, choisissent un hymne et un drapeau qui symbolisent le nouveau régime des animaux. Mais surtout, des commandements, au nombre de sept, sont écrits en caractères majuscules sur les mur de la Ferme (vous les trouverez en extrait). Ceux-ci sont par la suite résumé en deux phrases, une sorte de slogan : "Deuxpattes non, Quatrepattes oui".
Puis au fur et à mesure du temps, les choses changent. Les cochons se comportent peu à peu comme ceux qui les oppressaient, modifient les Sept Commandements d'origine (ces modifications sont entre parenthèses dans l'extrait). Boule de Neige, l'un d'eux, est chassé et accusé de tous les maux et les dysfonctionnements dans la Ferme : le moulin en construction depuis deux ans a été détruit ? Ce sabotage est fait par Boule de Neige. Il aurait pactisé avec Jones ? En voici la preuve par des documents officiels que les cochons ont trouvé, et qu'ils feraient bien lire aux animaux si ceux-ci le pouvaient. Napoléon s'entoure d'une garde rapprochée, neuf molosses enragés, et fait peu à peu régner la terreur. Les animaux, devenus soumis, ne sont pas plus heureux que sous la "période Jones".
Et durant la dernière scène s'opère quelque chose qui fait frissonner : Douce et Benjamin, assistant sans être vus à un buffet entre les fermier (les "Deuxpattes") et les cochons (les "Quatrepattes"), voient ceux-ci se changer, se métamorphoser : ils portent des vêtements, boient et jouent au dés, et finalement les deux équidés ne distinguent plus l'homme du cochon.


On peut lire ce roman de deux façons : le premier degré, c'est la lecture simple et "superficielle", une fable parlant d'animaux qui se révoltent, point. 
Et le deuxième degré, c'est une fable qui rappelle les régimes totalitaires du XXe siècle. On peut établir de très nombreuses comparaisons entre ce nouveau régime des animaux et le régime soviétique, notamment sous Staline. 
En effet, après le renversement de Jones par les animaux, ceux-ci prennent le pouvoir. Ils érigent un drapeau, un sabot et une corne sur fond vert (qui rappelle la prairie), et qui sont une parodie du drapeau communiste, une faucille et un marteau sur fond rouge, symbole de l'union agricole et ouvrière. De plus, au fur et à mesure du livre, les cochons s'enrichissent et vivent confortablement aux dépends des autres animaux, qui eux vivent de plus en plus misérablement : parallèlement, le pouvoir est concentré entre les mains d'un petit nombre, qui sont les chefs du parti unique soviétique communiste, et les richesses sont inégalement partagées.
D'autre part, au début du livre, Napoléon se dit marchant dans les pas de son prédécesseur Sage l'Ancien : c'est le cas de Staline, qui se prétend "héritier de Lénine".
Les neufs chiens dressés, enlevés à leur mère dès leur naissance (alors que durant la réunion nocturne qui précéda le Soulèvement, les animaux se plaignaient que l'on leur enlevait leurs petits - les quatre poulains de Douce, les oeufs des poules...) deviennent des molosses enragés et assoiffés de sang, à la solde de Napoléon : on peut établir une comparaison avec la police politique soviétique, le NKVD ou Tcheka. 
On peut également parler du chapitre des aveux, où des animaux révèlent qu'ils ont trahi le régime de Napoléon en étant de mise avec Boule de Neige. Ils sont massacrés par les chiens : en 1937-1938, les Grandes Purges de Staline font des milliers de prisonniers et de morts (exécutés par exemple), la torture est pratiquée pour obtenir des aveux, les arrestations, les éliminations, sont très nombreuses, les procès condamnant les personnes présumées ou prétendues opposantes au régime sont truqués. Encore une fois, la ressemblance est frappante. 
On peut ainsi établir de nombreux parallélisme entre la trame de ce roman, ce "régime des animaux", et le régime totalitaire soviétique, dénoncé par Orwell.



George Orwell s'appelle en réalité Eric Arthur Blair. Il est né aux Indes en 1903 et meurt dans la clinique d'une banlieue londonienne en Janvier 1950. Il fait ses études à Eton puis sert en Birmanie dans la police impériale des Indes. Il rentre ensuite en Europe en espérant gagner sa vie avec ses écrits, mais vit misérablement et décide de devenir professeur en Angleterre. Il est soldat en 1943 dans les rangs républicains lors de la Guerre Civile en Espagne, mais est blessé. Il sera également présentateur de la la radio anglaise BBC lors de la Seconde Guerre mondiale. C'est un écrivain, un chroniqueur et un journaliste politique engagé.

"1. Tous deuxpattes est un ennemi
2. Tout quatrepattes ou tout volatile, un ami
3. Nul animal ne portera de vêtement
4. Nul animal ne dormira dans un lit (avec des draps)
5. Nul animal ne boira de l'alcool (à l'excès)
6. Nul animal ne tuera un autre animal (sans raison valable)
7. Tous les animaux sont égaux (mais certains sont plus égaux que d'autres)"



La Ferme des Animaux, (version originale : Animal Farm) George Orwell, publié en 1945, j'ai lu le roman édité chez Gallimard Jeunesse, et qui fait 151 pages.

4 juin 2013

Bertrand Puard, auteur de la série des "Effacés", a accepté de répondre à nos questions. Voici donc l'interview !



Coffee & Books : Bonjour Monsieur ! Pourriez-vous vous présenter en quelques mots ?
Bertrand Puard : Bonjour ! Je suis un auteur de trente-quatre ans, mordu de littérature et de cinéma, avec déjà une vingtaine d’ouvrages derrière moi dans des styles plutôt variés. En ce moment, je travaille comme un forcené sur Les Effacés, une série qui me tient particulièrement à cœur.

C&B : Auriez-vous envie de vous essayer dans un autre style que celui des Effacés ? (par Feuy)
B. P. : J’ai déjà écrit des romans de science-fiction, des romans historiques, des romans de littérature générale comme on dit, même un pamphlet… J’aime l’idée de ne pas me cantonner à un genre en particulier.

C&B : Quel est le passage de votre livre qui a été le plus difficile a écrire ? (par Feuy)
B. P. : Je n’ai pas l’écriture difficile ou douloureuse, je n’ai jamais eu le syndrome de la page blanche par exemple. Bon, quelque fois, j’écris, et je ne suis pas satisfait de mon travail, alors je me remets à l’ouvrage. Le plus difficile, dans la préparation des Effacés, c’est plutôt la préparation du livre, la documentation, et la composition du synopsis.

C&B : Que diriez-vous à un(e) lecteur/lectrice qui n'a jamais lu un de vos livres, pour le/la convaincre de découvrir "Les Effacés" ? (par Marinette) 
B. P. : Que c’est une série de thrillers engagée, ancrée dans la réalité d’aujourd’hui, une série « page turner » avec beaucoup de suspense donc, et qui se passe en France, ce qui est plutôt rare, même venant d’un auteur français ! Et puis que tous les lecteurs qui ont goûté au premier volume ont eu envie de découvrir les autres. Le bouche à oreille est fabuleux autour de la série et je ne remercierai jamais assez les lecteurs pour leur enthousiasme !

C&B : Quel est (ou sont) le(s) message(s) destiné(s) aux lecteurs, s'il y en a ? 
B. P : Pour le message, il serait de dire que nous vivions dans un monde rempli de faux-semblants. Et qu’ils sont légions dans les milieux où l’on se dispute le pouvoir… La politique, la finance, etc…

C&B : De combien de tomes environ la saga sera-t-elle faite ? 
B. P. : Il y aura 6 tomes pour la première série, et, je l’espère, si le succès est toujours au rendez-vous, 6 tomes pour la seconde… Plus des nouvelles toujours dans l’univers des Effacés comme celle qui vient de paraître dans le Je Bouquine de juin et qui raconte l’effacement de Mathilde, et qui se passe donc avant l’opération 1.

C&B : Dans quelles circonstances aimez-vous écrire (Proximité avec les livres, musique, silence total, nature...) ?
B. P. : J’aime écrire la nuit, dans le silence total et entouré de ma documentation, de mes notes. Mais, bien évidemment, j’écris aussi le jour. En fait, lorsque je suis dans l’écriture d’un des tomes des Effacés, j’écris sans m’arrêter pendant deux semaines, nuit et jour. Je sors totalement exténué de cette période, mais aussi, et surtout, totalement heureux.

C&B : Que représentent pour vous vos personnages ? Vous identifiez-vous à certains d'entre eux ? 
B. P. : Mes personnages représentent énormément de choses, ils sont la structure même de mon intrigue, surtout mes Effacés et Mandragore qui cache tant de secrets. Chacun a un peu de moi en lui je suppose…

C&B : De qui et/ou de quoi vous inspirez-vous pour vos personnages ? Pour votre roman en général ? 
B. P. : Je peux m’inspirer de tout, d’un de mes proches, de quelqu’un que je croise simplement dans la rue, ou d’un personnage que j’ai rencontré dans un livre ou dans un film. Chacun de mes personnages est original mais il est aussi la somme de diverses influences dont je n’arrive pas, parfois, à les déterminer toutes.

C&B : Quel est (ou sont) le(s) livre(s) que vous lisez actuellement ?
B. P. : Je lis beaucoup d’ouvrages sur le cinéma car ce sera le thème de l’opération 6 des Effacés, la dernière opération du premier cycle. Et, parallèlement, pour m’aérer un peu, je relis la saga des Fantômas, ce feuilleton paru au début du XXe siècle et qui avait tenu la France en haleine… C’est palpitant !

C&B : Si vous deviez partir précipitamment et n'emporter que trois livres, quels seraient-ils ? 
B. P. : Germinal d’Emile Zola, Daddy de Loup Durand, Illusions perdues de Balzac

C&B : Selon vous, être écrivain est-il dissociable d'être lecteur ?
B. P. : Non, je ne pense pas qu’on puisse devenir écrivain sans avoir été un lecteur boulimique dès son enfance, quand notre univers imaginaire se met en place. J’ai toujours eu la nécessité de me nourrir d’histoires. Il m’arrivait de lire deux ou trois livres par jour pendant mes vacances quand j’étais ado, un vrai marathon, et encore maintenant, je peux passer ma journée enfermé dans une salle de cinéma à regarder quatre films à la suite !

C&B : Vous est-il arrivé de ne plus avoir d'idées pour la suite de la saga pendant une période plus ou moins longue ? Si oui, qu'avez-vous fait ?
B. P. : Non car j’ai, dès le début, fait un plan détaillé des six premiers tomes, une « bible » comme on dit dans le jargon.

C&B : Etes-vous tenu de respecter des délais stricts ou plus "élastiques" pour vos romans ? Si oui, lesquels ?
B. P. : Je prends à peu près quatre mois pour écrire un Effacé. Ce sont des délais dont nous discutons avec mon éditrice et ils ne me sont pas imposés car je crois que pour donner le rythme fou des histoires, il faut aussi que je sois dans ce rythme fou dans la préparation et l’écriture…

C&B : Lisez-vous des romans jeunesse ? 
B. P. : Oui, j’essaye de me tenir au courant de l’actualité. Mais j’aimerais en lire plus !

C&B : Être écrivain a-t-il été toujours évident pour vous ? (Par Feuy)
B. P. : Oui, j’ai toujours eu l’envie de raconter des histoires et de les proposer au plus grand nombre. L’écriture s’est imposée à moi car j’étais un lecteur boulimique !

C&B : A quel âge avez-vous commencé à écrire ? Vous rappelez-vous de votre premier livre, ou de l'un d'entre eux (sans que celui-ci ne soit forcément publié ?)
B. P. : J’ai commencé vers 14 ans et il s’agissait de feuilletons d’aventure, que j’envoyais à mes copains et copines de classe pendant les vacances d’été !

C&B : Quel a été votre parcours professionnel ? (bac, études...)
B. P. : J’ai eu un bac S puis je me suis tourné vers la finance, qui mélangeait les chiffres et les lettres, non dans l’optique d’y travailler mais en me disant que je n’aurais pas trop de mal ensuite à trouver un job si l’écriture ne marchait pas. J’ai donc obtenu un DESS et un Magistère de finance. Mais je passais plus de temps dans les salles de ciné que dans les amphis de la fac !

C&B : A quelles occasions rencontrez-vous vos lecteurs ? (Prochainement ?)
B.P. : J’essaye de faire une signature par semaine depuis un an, pour faire connaître la série et discuter avec les lecteurs et les libraires. Vous pouvez retrouver le planning des signatures sur la page Facebook officielle de la série.

C&B : Quel est votre auteur(e) policier et/ou de thriller préféré ? Votre roman policier et/ou de thriller préféré ? Pourquoi ?
B. P. : J’adore Agatha Christie et Conan Doyle. Mais ce ne sont pas des thrillers, plutôt des romans à énigme. Alors je vais citer Loup Durand, avec Daddy, un thriller grandiose, la traque d’un enfant précoce pendant la seconde guerre mondiale, un livre que je relis entre chaque tome des Effacés, une histoire qui a peut-être précipité mon envie de devenir écrivain. Loup Durand est un auteur méconnu, trop méconnu. C’est un maître !

C&B : Travaillez-vous sur un projet autre que le tome 6 des Effacés en ce moment ? 
B. P. : Non ! Je suis à fond dans ma série Les Effacés !

C&B : Pourriez-vous nous dire si une nouveauté importante a lieu dans ce sixième tome ? (Sans nous la donner, pour garder le suspens intact ! :) ) 
B. P. : Mais oui ! Il y aura enfin toute la vérité sur Nicolas Mandragore et Dominique Destin. Ce qui les lie plus particulièrement. Et cela vous réservera bien des surprises, vous verrez !

C&B : Pourriez-vous nous raconter quelques anecdotes sur votre métier/vocation d'écrivain ?
B. P. : Pour cela, passez me voir à une séance de dédicaces, nous en discuterons ☺ !

C&B : Que vous a permis votre métier/vocation d'écrivain (Voyages, rencontres...) ?
B. P. : Beaucoup de belles rencontres, notamment avec Henri Mitterand, le grand spécialiste d’Emile Zola, qui est devenu un ami et qui m’a permis de faire une communication dans l’enceinte même du Panthéon pour le centenaire de la « panthéonisation » de mon écrivain préféré. Un des moments les plus intenses de ma vie d’auteur !

C&B : Quels conseils donneriez-vous à des jeunes qui veulent écrire, voire faire de leur passion leur futur métier ?
B. P. : Travailler ! L’inspiration, ce n’est qu’une infime partie du métier d’écrivain. Le reste, c’est du travail, de l’acharnement. Il ne faut jamais baisser les bras. Si on a cela « dans la carcasse » comme disait Paul Cézanne à propos de la peinture, alors on y arrivera. Il ne faut jamais se laisser décourager, même si le succès se fait attendre. Y croire, toujours !

C&B : Auriez-vous un mot pour les lecteurs de Coffee & Books ?
B. P. : Le mot LIRE, bien évidemment ! Merci et à bientôt peut-être en librairie ou sur un salon !

2 juin 2013

Les Aventures d'Aurian - par Adrien : Chapitre six

Les Aventures d'Aurian  ©
Chapitre 6


Les premiers rayons du jour commencèrent à percer le feuillage des arbres entourant la clairière. Ils arrivèrent dans le visage d’Edna, qui dormait depuis plusieurs heures. Elle cligna des yeux et essaya de se repérer. Où était-elle ? Autour d’elle, de l’herbe, rien que de l’herbe. Au-dessus d’elle, le ciel. Où était passé le toit de sa maison ? C’est alors que tout lui revint : la légende, le trésor, Kylian Aurian, et leur escapade nocturne. Elle tourna sur elle-même mais ne vit aucune trace d’Aurian. Elle se demanda alors où il pouvait bien être allé. Les avait-il abandonnés ? Elle remua encore, et elle  sentit soudain qu’elle était trempée. Elle releva son buste, et vit que la couverture était devenue sombre à cause de l’eau qui l’imprégnait.
  -C’est la rosée, annonça Kylian, qui émergeait de son sommeil. L’humidité de la nuit qui reste sur le sol.
  -Ce n’est pas très agréable, répliqua Edna. Comment va-t-on se sécher ?
Un bruit les fit soudain sursauter, et Aurian surgit de derrière les fourrés, et annonça gaiement :
  -En t’installant au coin du feu pardi !
Il portait un lapin dans une main et un petit panier dans l’autre, et marchait d’un pas assuré.
  -J’ai trouvé des baies sur des buissons pas loin d’ici. La journée s’! Dit-il en se réjouissant.
Edna sentait qu’elle avait un petit creux,  et elle se leva d’un bond. Puis elle se tourna vers Kylian et tira sa couverture, pour aller la faire sécher au soleil. Ce dernier pris soudainement froid :
  -Ah non, supplia-t-il, pas ce coup là ! dit-il en essayant de s’agripper à sa couverture.
  -He si gros fainéant, il est l’heure de se lever ! Donne-moi cette peau que j’aille la faire sécher.
Kylian se résigna, et fini par se lever en grommelant que c’était trop rude pour un premier réveil. De son côté Edna étalait consciencieusement les peaux sur l’herbe, bien au soleil. Puis, elle alla rejoindre Aurian en sautillant :
  -Je meurs de faim ! s’exclama-t-elle en tapant dans ses mains. Qu’est-ce qu’on mange ?
Aurian dévoila le contenu de son panier : des myrtilles, des framboises et des fraises des bois : 
  -On va se régaler, dit-il l’eau à la bouche.
Ils s’installèrent en cercle autour des vestiges du feu de la veille et ils commencèrent leur festin matinal : des œufs, des fruits, du jus de fruit, et de la viande séchée.  À peine eurent-ils fini qu’Aurian pris solennellement la parole :
  -Aujourd’hui commence notre grande aventure, et nous devons nous concentrer sur notre unique but : trouver le trésor !
Kylian, le regard malicieux, ne se priva pas d’ajouter son grain de sel :
  -Tu oublies de dire que nous devons aussi nous amuser !
  -Et moi j’aimerais bien trouver un lynx pour le ramener chez moi, renchérit Edna en mordant dans son morceau de viande. 
Presque vexé que ses deux amis ne le prennent pas au sérieux, Aurian capitula :
  -Bon d’accord, on va s’amuser croyez-moi ! dit-il en arrachant des touffes d’herbe. Je commence !
Et il se jeta  sur ses deux amis en les bombardant de brindilles, bouts de pailles, et autres végétaux proches. Kylian lâcha sa pomme et essaya tant bien que mal de faire une roulade sur le côté afin d’esquiver les tirs incessants de son ami. Peine perdue... Ce dernier continuait de lui jeter des touffes d’herbe sans interruptions. C’est alors qu’Edna, qui avait disparu depuis la déclaration de guerre, arriva avec une énorme quantité de mousse. Elle l’abattit sur la tête d’Aurian en explosant de rire :
  -Prends-toi ça vil gredin ! s’exclama-t-elle !
  -C’est bon je me rends ! Je me rends ! dit Aurian, en essayant de se dégager de toute cette mousse.  J’en ai partout ! s’exclama-t-il en se secouant frénétiquement. Il gratta la terre qui s’était déposée sur sa chemise avec ses ongles dorés, et il reprit la parole :
  -Il est temps de partir maintenant. Essayez de tout remettre en ordre. Moi je vais reboucher le trou du feu et nettoyer nos déchets, c’est Abraham qui m’a dit de toujours faire ça. Et il faut aussi ranger les peaux, dit-il en les voyant du coin de l’œil.
Edna se leva d’un bond et parti en courant :
  -Je vais voir si elles sont sèches !
  -Je vais enlever les peaux d’ours des piquets et je vais refaire les sacs, dit Kylian. On devrait pouvoir partir dans quelques minutes.
Aurian mit les restes de nourriture dans son sac à dos, et rangea soigneusement la pipe-bambou entre deux peaux afin de ne pas la tordre. Désormais, il arrivait presque à faire de beaux cercles en recrachant la fumée et il comptait bien le prouver à ses amis le soir venu. Quand Edna et Kylian arrivèrent avec leur sac sur le dos, Aurian finissait de recouvrir les cendres. Il vit que ses deux amis étaient près, et il proposa de se mettre en route. Ils acquiescèrent tous les deux d’un signe de tête et ils commencèrent à marcher. Ils sortirent de la clairière et s’enfoncèrent de nouveau dans la forêt.

*

Au village, l’ambiance n’était pas de tout repos. Les enfants n’étaient pas revenus, et les parents commençaient à s’inquiéter sérieusement. La veille, ils avaient convenu de se retrouver à l’école pour parler au maître. C’est ce qu’ils firent tous dès le lever du jour. Alors que les parents d’Edna et de Kylian étaient déjà là depuis longtemps, Pénélope et Abraham arrivèrent un peu avant l’heure du début de la classe. 
  -Où étiez-vous passés vous deux ? demanda la mère d’Edna. Le sort d’Aurian ne vous intéresse peut-être pas ? 
Alors qu’elle commençait à s’énerver, le maître sorti de l’école. À la vue des 6 adultes, il fût si surpris qu’il rata la marche. Alors qu’il se redressait, il demanda, interloqué :
  -Mais voyons, que faîtes-vous là ? Quelque chose ne va pas ?
La mère d’Edna parti sur ses grands chevaux et commença à expliquer la situation. Quand elle eût fini, le maître devint livide. Il s’assit sur la marche et releva les yeux en secouant la tête :
  -Je suis vraiment navré. Ce… C’est moi qui leur ai raconté cette histoire. Elle entrait dans le cadre de l’étude des fables et des légendes, mais celle-ci est différente des autres : personne n’a jamais prouvé qu’elle était infondée. 
  -Mais enfin cela ne tient pas debout ! s’emporta le père d’Edna. Comment Aurian et Kylian ont pu croire à une histoire pareille ? C’est insensé !
  -Pour vous mais par pour eux, le coupa Abraham. Leurs esprits ont besoin d’évasion, comme le vôtre à leur âge. Le plus important n’est pas de savoir ce qu’ils ont fait, mais ce qu’ils vont faire, dit-il en se tournant vers le maître d’école. Que leur avez-vous raconté au juste ?
  -Je leur ai lu la légende comme elle est écrite dans les livres, je n’ai rien inventé, répondit-il dépité. Avez-vous remarqué que des sacs manquaient dans vos maisons ?
Le père de Kylian eût comme un déclic, et il prit la parole :
  -Maintenant que vous m’y faites penser, il y a bien ce gros sac en cuir qui traînait toujours dans le corridor. Et ce matin en me levant, j’ai vu qu’il n’y était plus ! Sur le coup cela ne m’a pas frappé, mais maintenant ça sonne comme une évidence…
Sa femme, attristée et de plus en plus inquiète, continua sur un ton descendant :
  -Nos enfants sont partis pour un long périple.
Tous les adultes restèrent de marbre pendant un court instant. Puis les reproches fusèrent. Le maître d’école tentait tant bien que mal de se défendre, mais Abraham coupa court à la conversation :
  -Ecoutez-moi. Nous avons tous quelqu’un de cher qui en ce moment même est peut-être en danger. Je vais essayer de les retrouver, et de les protéger.
La mère d’Edna fondit en larmes :
  -Mais voyons Abraham ! Vous commencez à vous faire vieux ! Jamais vous ne les retrouverez !
Sérieusement vexé par cette remarque, Abraham lui jeta un regard noir. Il embrassa sa femme, tourna les talons, et commença à remonter la pente qui venait vers l’arbre-maison sans dire un mot. 
  -Ainsi donc, nous confions les vies de nos enfants à votre vieillard de mari ? demanda la mère d’Edna, totalement dépitée. J’étais sûre que ma fille n’aurait jamais dû devenir amie avec vos enfants, dit-elle à l’intention de Pénélope et des parents de Kylian.
  -Voyons, Abraham va les retrouver. Dit la mère de Kylian. C’est un homme plein de ressources, je suis certaine que tout ira bien, dit-elle compatissante.
La discussion se termina par un soupir de Pénélope, et tous rentrèrent chez eux.
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